Juin 2020.
Il fait chaud, nous sommes réunis sur zoom, la plupart des fenêtres sont ouvertes. A 19h, la personne qui prend la parole est accompagnée du son des cloches de la ville.
Semaine suivante, on a perdu 10°C, nous sommes réunis sur zoom, les fenêtres sont fermées. Le carillon de l’horloge de Marcel a couvert les voix des participants, en résonnant comme un gong à 19h. Puis à 19h15, 19h30… « Marcel, est-ce que tu peux couper ton micro, s’il te plait ? »

Les ordres du jour sont intenses : 3 heures de discussion virtuelle le 1er juin. Comment définir nos rôles quand nous aurons remporté les élections ? Qui sera adjoint-e, qui souhaitera participer à quelle commission, comment mettre en place un fonctionnement pour chaque poste en binôme, quelle place donner à l’opposition… ? Autant de questions sur lesquelles il vaut mieux se mettre d’accord en amont.
Comment repartir en campagne en respectant les mesures sanitaires ?
Nous poursuivons les réunions publiques virtuelles sur les thématiques de notre programme, en tenant compte de l’impact de la crise.
Équipe communication, équipe logistique, équipe rédaction… On est prêt !

Plusieurs colistiers de Douarnenez Terre Citoyenne ont assisté au dernier conseil municipal du 4 juin. Nous étions toutes et tous masqué-es.
Le maire a commencé la séance par un discours aux allures sobres mais qui, entre quelques lignes, envoyait quelques piques à cette bande qualifiée d’extrême-gauchistes que nous serions. L’opposition a répondu : « humhumhumhum ! » Zut ! Le masque ! Le maire a proposé aux personnes prenant la parole de l’ôter pour garantir la qualité des échanges.

L’opposition a redonné sa vision de la démocratie en cette période de crise : être informé ne suffit pas, il aurait fallu pouvoir participer, temporairement soudé-es malgré les divergences pour faire face à cet épisode inédit dans notre histoire. Et même si le groupe qui s’est rassemblé pour gérer cette crise a bien travaillé, ce qui n’est pas remis en cause par l’opposition, il s’avère que sans élu-e d’Initiative Citoyenne présent-e lors des prises de décision : la démocratie n’est pas respectée, c’est un fait.
Evidemment, comme l’a justement souligné François Cadic, y’a pire ailleurs sur cette planète. Mais nous préférons nous comparer à ce qui se fait de mieux, pour nous améliorer sans cesse.

Et puis, le sujet qui semble animer toute la ville depuis un mois a été mis sur la table. Le 1er Mai ! Pourquoi ? Mais pourquoi ?
Nous avons chacune et chacun un regard différent sur cette action. Bonne idée, mauvaise idée, nous avons su en débattre largement au sein de l’équipe de campagne, sans tension, écoutant les arguments des un-es et des autres, mettant en lumière notre capacité à régler en toute amitié un point de vue divergent.

Et voilà que cette histoire refait surface lors du conseil municipal :
Non, personne n’a appelé à un rassemblement. Plusieurs personnes se sont interrogées sur la pertinence de signaler leur crainte de voir se réduire nos droits. Pour d’autres, il s’agissait de dénoncer des conditions de travail inhumaines. D’autres encore voulaient démontrer qu’à Douarnenez, la santé ne sera jamais utilisée à des fins liberticides. En fait, il y a eu presque autant de raisons de s’exprimer en sortant avec une pancarte ce jour-là qu’il y avait d’individus. Et c’est à titre individuel, sans aucune organisation, sans aucune concertation, que cette action a eu lieu. Les syndicats avaient appelé à une action confinée à 11h, raison pour laquelle la plupart ont choisi cet horaire, spontanément.

Non, il n’y a eu aucun manquement au respect des règles sanitaires de la part des personnes présentes sur notre liste (dont des soignants qui ont été particulièrement vigilants au respect d’un protocole strict), ni aucun manquement au respect des autres règles comme l’a précisé Jean-Louis : « rien dans la réglementation sur l’état d’urgence sanitaire n’interdisait à des personnes de marcher dans la rue avec des pancartes sous réserve de respecter le périmètre d’un km autour de leur domicile, le délai de sortie d’une heure et les distances de sécurité avec les autres personnes. Et c’est ce qu’on fait celles et ceux à qui on reproche scandaleusement d’avoir quasiment répandu le Covid dans la ville. » C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les amendes infligées seront contestées. Les dérives sécuritaires prétextant une protection sanitaire inquiètent d’ailleurs « la Ligue des Droits de l’Homme, des juristes et même des magistrats qui sont loin d’être de dangereux gauchistes ».

Oui, pour celles et ceux qui savent jusqu’aux plus profond de leurs tripes ce qu’est l’oppression, parce qu’elle est vécue dans leur quotidien, a des répercussions sur leur vie professionnelle et personnelle, il était important d’envoyer un message contestataire. Ne pas vouloir entendre cela, c’est se rendre sourd à toute une partie de la population qui ne représente pas la société d’en bas mais la base de la société.

Fallait-il s’exprimer de cette façon en cette journée ou attendre la levée du confinement ? Le débat ne devrait tourner qu’autour de cette question.
Pour les un-es, puisqu’il a fallu faire l’impasse sur des anniversaires, des mariages ou des funérailles dignes, alors il fallait également faire l’impasse sur cette journée. Puisqu’on se privait de l’essentiel, il fallait par solidarité, que toutes et tous se privent de tout.
Pour d’autres, il était primordial, puisque toutes les conditions imposées par le confinement étaient scrupuleusement respectées, non sans douleur, d’au moins franchir ce pas là, qui ne mettait personne en danger, de se servir de cette date historique pour rappeler que la solidarité, ce n’est pas l’obéissance aveugle à des règles souvent dénuées de bon sens et de cohérence, que la sécurité ce n’est pas la répression parfois incompréhensible d’un État en panique.
Contester est un droit. Quand un droit a besoin d’une autorisation, il meurt. Ne pas se battre pour un droit qui s’éteint, c’est s’éteindre avec lui. Moi, j’ai marché avec une pancarte dans mon quartier. Parce que ce n’est pas l’État qui doit détenir la télécommande mettant la liberté sur « pause » ou sur « play ». Nous devons toutes et tous l’avoir au creux de la main.
Inutile de se mettre d’accord ou même de chercher à convaincre : entendons simplement les ressentis et les réflexions de nos concitoyens… et respectons-les. Parce que le respect prend tout son sens quand il est partagé.

 

Madame tout-le-monde au cœur de la campagne

Séverine Le Quéméner (Padina Pavonica)

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